Le Brexit peut être un service rendu à l’Europe

Le Brexit peut être un service rendu à l’Europe

Par Jean-Pierre Chevènement, Président de République Moderne

Le peuple britannique n’a pas cédé au chantage et à la peur orchestrés par les milieux économiques dominants. Son vote courageux a montré qu’il mettait la démocratie, c’est-à-dire le contrôle des décisions qui le concernent, au-dessus de tout. L’Angleterre a montré encore une fois son esprit d’indépendance et son caractère qui est justement ce pour quoi nous l’aimons.

Je demande aux dirigeants européens d’accueillir avec fair play et sans esprit vindicatif la décision souveraine du peuple britannique. La négociation d’un statut d’association de la Grande Bretagne au marché unique européen, sur le modèle norvégien, peut intervenir dans les deux ans qui viennent, délai donné par l’article 50 des traités européens.

Surtout, le Brexit peut être un service rendu à l’Europe. Il peut être une deuxième chance donnée à l’idée européenne : celle d’une refondation démocratique qui articulerait la démocratie qui vit dans les nations avec une démocratie européenne qui reste à construire.

Je demande la réunion à bref délai d’une Conférence chargée de redéfinir les institutions européennes et de repenser le modèle de développement qui résulte notamment du traité budgétaire dit TSCG de 2012 et qui plombe la croissance européenne.

Cette Conférence pourrait s’inspirer d’un précédent : celui de la Conférence de Messine qui, après l’échec de la CED, a permis, en 1955, de remettre l’Europe sur les rails et de préparer le traité de Rome. Cette Conférence se tiendrait à vingt-sept, avec un statut spécial d’observateur pour la Grande Bretagne.

N’oublions pas que le peuple britannique est un grand peuple européen et que nous partageons avec lui de très nombreux intérêts communs, notamment dans le domaine de la sécurité, si important aujourd’hui.

Bien entendu, la Grande Bretagne, le moment venu, aura toute sa place dans ce que le général de Gaulle appelait « une Europe européenne », c’est-à-dire une Europe capable d’exister stratégiquement par elle-même et pour elle-même, dans le monde du XXIe siècle.

Jean-Pierre Chevènement, Président de République Moderne

1 commentaire

  1. ANGOT sur 26 juin 2016 à 19h05

    Et comment qu’ils nous ont rendu un fier service, le seul problème c’est qu’ils auraient dû faire cela 40 ans plutôt et même nous n’aurions pas dû les laisser entrer. Personne n’ignore que si les anglais sont entrés dans l’Europe, c’est uniquement par la faiblesse des dirigeants de l’époque qui ont accepté toutes les conditions imposées par le gouvernement anglais. Il faut savoir que précédemment il existait la ”Communauté Européenne” où était pratiquée la préférence communautaire dans les échanges économiques et commerciaux, à cela s’ajoutait la recherche d’une harmonisation des lois sociales, fiscales et autres. Depuis l’entrée des anglais, a été instituée une économie ultra-libérale, en application de la théorie de l’économie de l’offre, qui implique la recherche d’un prix le plus faible possible et cela par tous les moyens sans tenir compte des problèmes sociaux que cela peut entraîner. Depuis cette date, 1973, ou nous avions 400 000 chômeurs et après l’application de cette politique, nous avons maintenant 5 000 000 de chômeurs et 8 000 000 de pauvres après 40 année d’Union Européenne. L’utilisation des traités européens TFUE et TUE, ont détruit notre industrie et notre économie par une concurrence déloyale due à la mondialisation par l’importations des produits manufacturés originaires des pays à dumping social autant européens que tiers-mondiaux et dont l’Union Européenne ne nous protège pas , bien au contraire. Il est urgent de sortir de ce capharnaüm et que nous puissions retrouver nos pouvoirs régaliens, reconstituer notre industrie, redevenir un pays puissant, retrouver notre politique extérieure, tel que vous l’avez démontré dans vos deux dernières rencontre de la salle Colbert. Et après, peut-être, s’il existe une véritable démocratie en Europe et si les peuples peuvent contrôler les actions des politiques, recréer une nouvelle Europe plus démocratique, plus sociale et au service des peuples et non pas aux intèrêts exclusif des multinationales et des structures financières, tel que le TAFTA et TISA.