« Ce qui donne courage… »

Par Marie-Françoise Bechtel, ancienne députée et vice-présidente de République Moderne.

… ce qui donne courage au camp républicain c’est entre autres signaux l’apparition de pensées fortes, structurées, venues d’intellectuels et universitaires pour aborder les problèmes réels du monde réel. La science économique y prédispose peut-être comme le montre le dernier ouvrage de Frédéric Farah, professeur à Paris-I.

Sous le (quelque peu regrettable) titre de « Fake State », cet ouvrage invite à revisiter la façon dont une pensée dominante erratique a conduit les États modernes, et notamment le nôtre, où ils en sont : l’organisation par l’État de sa propre impuissance durant les trente dernières années, laquelle a pour corollaire -si ce n’est pour cause- l’abandon des intérêts nationaux. Cette organisation de l’impuissance a été le fait des élites dans tous les pays. En France toutefois elle a heurté de plein fois une tradition historique qui n’était pas celle du libéralisme tant politique qu’économique mais celle du service public et de l’intérêt général. Or, pourrait-on ajouter, cette tradition fait partie de l’ADN national, de même que par exemple l’ordolibéralisme en Allemagne. Les constats et analyses de Frédéric Farah contribuent donc à poser la question essentielle qui est largement culturelle et que j’exprimerais ainsi : comment changer ce qu’il y a dans la tête des élites pour (re)faire d’elles comme en 1945 le fer de lance d’un nouveau départ ?

*« Fake State », H &O ed, 2020. A recommander la longue interview donnée au site du « Vent se lève » (LVSL) ainsi qu’à Atlantico (13 sept 2020).