[Débat] Souveraineté : de quoi parle-t-on ? M-F Bechtel sur France Culture

Souveraineté : de quoi parle-t-on ?

Elle est nationale, européenne, populaire, économique, alimentaire ou énergétique, elle est omniprésente et irrigue les discours politiques de droite et de gauche. La souveraineté est aujourd’hui omniprésente, mais de quoi parle-t-on exactement ?

Pour en débattre, France Culture, a invité :

  • Marie-Françoise Bechtel, présidente de République Moderne, de la Fondation Res Publica, ancienne députée, ex-directrice de l’ENA et conseillère d’État honoraire ;
  • Jean-Yves Pranchère, professeur de théorie politique au sein du département de sciences politiques à l’Université libre de Bruxelles.

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Il y a une différence entre une souveraineté interne et une souveraineté externe : en d’autres termes, l’indépendance de l’État national est la condition sine qua none sans laquelle une souveraineté interne, celle du peuple, ne peut pas s’exercer. Pour que la souveraineté interne, celle du peuple puisse s’exercer de manière démocratique, et là je retrouve Jean-Yves Pranchère, la souveraineté n’est qu’une condition nécessaire mais non suffisante pour que le peuple exerce de manière démocratique sa souveraineté. Il y a naturellement des États souverains qui sont tout à fait illibéraux pour ne pas dire dictatoriaux , et il y a aussi des États démocratiques qui ne sont pas souverains. La démocratie est une organisation interne, après tout, on la retrouve dans l’entreprise, dans différent cercles, la démocratie en soi et pour soi ne suppose pas de cadre national. Je pourrais ajouter un troisième étage  la fusée, qui est l’étage républicain parce que toute démocratie n’est pas forcément républicaine. Dans la tradition française, nous avons une constitution qui proclame les droits de l’homme et du citoyen, or on y reviendra, il est très important de ne pas évacuer le citoyen de cette succession parce que sinon nous entrons dans un contexte théorique et imaginaire tout à fait différent. Dans la constitution, le peuple est le dépositaire de la souveraineté et par conséquent la loi nationale est elle-même souveraine” Marie-Françoise Bechtel